India Desjardins
Née d'une mère journaliste et native de Québec, India Desjardins a suivi les traces de cette dernière pendant dix ans et a longtemps été rédactrice pour le magazine Cool!, avant de découvrir que sa voie passait par l'écriture de romans.
Elle connait une vague de succès livre après livre avec son héroïne Aurélie Laflamme. Aimée des jeunes, elle a vendu plus de 450 000 exemplaires de ses six premiers romans et jamais elle n’avait pensé ou imaginé à un tel succès.
Cette romancière a bien voulu quitter Aurélie Laflamme quelques minutes pour échanger avec nous.
RÊVE D’UNE PETITE FILLE
Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’écriture?
« J’écris depuis que je suis toute petite. À huit ans, j’écrivais des romans de quelques pages, j’inventais un nom de collection et je dessinais une page couverture. Je le faisais naturellement, sans trop réfléchir. Certains enfants aiment les sports, d’autres les casse-têtes, moi, c’était de raconter des histoires. Pourtant, je ne me suis jamais démarquée dans cette passion. Je n’ai jamais gagné de concours d’écriture, et je n’avais pas des notes excellentes en composition écrite non plus. L’écriture était pour moi une passion à laquelle je m’adonnais secrètement dans ma chambre, après mes devoirs, pour faire enfin quelque chose que j’aimais. Je n’ai jamais pensé qu’un jour, ça deviendrait un métier. »
AURÉLIE LAFLAMME
D’où vient le personnage d'Aurélie Laflamme? Y a-t-il un peu de vous pendant votre jeunesse en elle?
« En 2004, j’ai vécu toutes sortes de choses. Tout d’abord une embolie pulmonaire qui aurait pu être fatale et, ensuite, la mort de Sybil, une chatte que j’avais depuis l’âge de 11 ans. Elle avait donc 18 ans quand elle est décédée. J'ai eu énormément de peine... Ceux qui n’ont jamais vécu la mort d’un animal ont du mal à comprendre comment ce deuil peut nous affecter. Quand un animal meurt, on se fait dire: «Ben... achètes-en un autre!» comme s’il s’agissait d’un meuble brisé ou d’un vêtement taché. Sybil a fait partie de ma vie pendant plusieurs années. Elle était une compagne et un membre de ma famille. Elle a traversé toute mon adolescence avec moi. Après sa mort, je me suis demandé ce que je dirais à mes enfants, si j'en avais, sur mes croyances face à la mort. Et la seule réponse qui m'est venue en tête est : je ne sais pas. Puis, Aurélie Laflamme est apparue dans ma tête. Elle avait quatorze ans, son père était décédé quand elle avait neuf ans et sa mère n'avait pas été capable de lui donner une belle image de la mort. Une prémisse un peu triste, mais l'histoire est pourtant rigolote. Je me suis dit que, lorsqu'on vit un deuil, la vie peut continuer à être agréable une fois le choc passé. Cela dit, Aurélie se pose beaucoup de questions existentielles, comme tous les adolescents d'ailleurs.
Le journal d’Aurélie Laflamme est une histoire que j’ai inventée et qui est complètement fictive. Malgré tout, même si ce que j’écris sort tout droit de mon imagination, je dois avouer qu’étant moi-même très gaffeuse et ayant toujours quatorze ans dans ma tête, il y a quelques petites scènes inspirées de ma vie passée et présente. (L’anecdote des post-it de ménage est une réelle anecdote de mon adolescence, que ma mère raconte encore...) »
L’ÉCRITURE POUR LES ADOLESCENTES
Avez-vous toujours eu cette affinité pour l'écriture dirigée vers les adolescents?
« Pour moi, c’est le cours naturel des choses. J’ai toujours écrit pour les adolescents. J’avais dix-neuf ans lorsqu’on m’a engagée au magazine Cool et j’ai eu l’idée du journal intime de Marie-Cool en 2000. J’ai donc toujours écrit pour les adolescents. Puisque j’écrivais surtout des fictions d’une page, dans le magazine, je me sentais limitée et j’avais envie de leur raconter une histoire plus étoffée. Et j’ai créé Aurélie Laflamme. »
FILM
En avril dernier, vous avez coécrit le scénario pour le film « Le journal d'Aurélie Laflamme ». En quoi cette expérience différait-elle de l'écriture d'un roman?
« C’est un travail d’équipe avec le réalisateur Christian Laurence. Et on a eu beaucoup de plaisir à le faire. L’écriture de scénario est plus technique. Un roman décrit des états, un scénario décrit des actions ».
INDIA JONES
Avant l'apparition d'Aurélie Laflamme, il y a eu India Jones. Si vous nous parliez un peu de ce personnage « pré Aurélie »?
« C’est mon premier roman, qui a été publié en 2004. J’avais alors 28 ans. J’ai été journaliste pendant plusieurs années avant de découvrir qu’écrire des histoires, comme lorsque j’étais petite, était ce que j’aimais réellement faire Les aventures d’India Jones raconte l’histoire d’une célibataire qui s’accommode très bien de son célibat jusqu’au jour où elle découvre dans la chronique des In et Out du journal que le célibat est out. Elle met alors tout en œuvre pour rencontrer l’amour. Puisqu’il raconte l’histoire d’une jeune femme de vingt-huit ans, je ne le conseillerais pas aux moins de douze ans. Mais comme il n’a rien d’osé, je laisse aux parents le soin de juger! Il est disponible en librairie. »
Entrevue et rédaction : Nadine Brillant
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