Pink Martini -- Entrevue exclusive
Sous un soleil radieux illuminant la première journée du Festival d’Été de Québec, nous avons rencontré le membre fondateur et directeur artistique du groupe Pink Martini, Monsieur Thomas Lauderdale.
La musique de Pink Martini est une musique universelle et multiculturelle en proposant un mélange à la base de jazz, bossa nova, classique, sous un tableau sonore exotique et sensuel. Aux dires de Thomas Lauderdale, ce « grand petit orchestre » prend « des mélodies provenant de tous les coins du monde et les fusionne afin de créer quelque chose de nouveau et magnifique »
BIOGRAPHIE
La formation a été créée en 1994 à Portland, en Oregon. À l’origine, Thomas Lauderdale et China Forbes, la chanteuse principale de Pink Martini, se sont rencontrés à la renommée Université Harvard. Lui-même élevé dans une famille libérale et progressiste, il étudiait l’histoire et la littérature en plus d’être un pianiste classique pendant qu’elle se consacrait à la peinture, la littérature anglaise et au théâtre. Comme les deux cohabitaient le même dortoir, ils se retrouvaient pendant la nuit, alors qu’elle chantait notamment du Verdi et du Puccini, tandis que Thomas l’accompagnait au piano.
Contrairement à plusieurs groupes, dont l’origine du nom est souvent associé à une histoire loufoque ou abracadabrante, Thomas Lauderdale avoue candidement que le nom de la formation Pink Martini lui est venu «pendant une soirée bien arrosée».
Après leur graduation de Harvard, Thomas quittait la région de Boston pour aller rejoindre sa famille à Portland alors que China déménageait à New York. Les deux restaient souvent en contact et lorsque Thomas décida de fonder son groupe, il lui paraissait logique de recruter China comme chanteuse. L’arrivée de China ne se fit pas sans heurt, car elle vivait toujours à New York aux débuts du groupe. Ceci la forçait donc à faire l’aller-retour New York-Portland à chaque semaine pour jouer avec la nouvelle formation.
Puis, Lauderdale part en quête de musiciens de qualité, la plupart gradués d’universités ou issus d’orchestres symphoniques, et le groupe passe de 4 à 12 membres. Tous les membres ont beaucoup voyagé et ont été en contact avec différentes cultures et des styles musicaux variés en vogue dans différents pays, faisant ainsi de Pink Martini un groupe vraiment multiculturel. Thomas mentionne que le groupe de 12 musiciens est le même depuis les dix dernières années.
Originalement, le groupe interprétait ses chansons dans le cadre de levées de fonds politiques ainsi que lors de causes comme les droits civiques, l’environnement, la télévision publique et les logements populaires à prix modique. Thomas Lauderdale avoue qu’il a toujours été engagé au niveau social depuis qu’il était tout jeune.
Dès le départ, Pink Martini se produit dans toute l’Europe ainsi qu’en Turquie, au Liban, au Japon, à Taiwan et aux États Unis. Ironiquement, le public français a vite adopté le groupe avant même qu’ils ne soient connus dans leur pays d’origine. En 2006, « Sympathique », le premier album de Pink Martini, voit le jour. Inspiration prémonitoire ou non, la Tour Eiffel figure sur la pochette de l’album et leur chanson «Je ne veux pas travailler » devient rapidement un succès monstre en France.
Les influences de Thomas et des autres membres du groupes sont extrêmement diversifiées. De son propre aveu, il puise son inspiration du jazz (principalement le swing), des musiques du monde, du cabaret, du lounge ainsi que de trames sonores de films des années 40 et 50. En outre, Pink Martini cite des inspirations allant de Cole Porter et Duke Ellington à la grande dame Edith Piaf, en passant par les grands noms latins comme Xavier Cugat, Beny Moré et Tito Puente – ainsi qu’une variété de musiques internationales, incluant la chanson française, le salsa afro-cubain salsa, le tango argentin, la samba brésilienne et le bossa nova, le folklore italien, le rembetiko grec et les musiques du Moyen-Orient et de l’Asie. Les compositions, souvent inspirées de voyages, se marient bien aux interprétations de classiques évoquant tantôt la mélancolie, tantôt l'esprit festif, comme autant de cartes postales de l'imaginaire musical. Lauderdale aime beaucoup intégrer de courts extraits d'oeuvres du répertoire de la musique classique ou des comédies musicales
Leur répertoire est le même dans toutes les villes, y compris Québec. À titre d’artiste invité pour le coup d’envoi du Festival d’Été, Pink Martini disposait de 70 minutes pour réchauffer l’atmosphère, ce qu’ils ont fait avec brio et professionnalisme.
Également proche de la musique de films, les titres de Pink Martini figurent dans de nombreuses bandes originales de films, dont Tortilla Soup (2001), Mr. & Mrs. Smith (2005) en plus d’avoir contribué musicalement à la télésérie à succès The Sopranos.
ALBUM
Un album, temporairement intitulé « Splendor in the Grass », devrait faire son apparition en octobre prochain, pour faire suite à « Hey, Eugene! », paru en 2007. Entretemps, la chanteuse du groupe, China Forbes en a profité pour enregistrer deux albums solo, dont le plus récent, paru en 2008, marie des styles plus folk et rock léger. De plus, en mai dernier, le groupe présentait son premier DVD en concert au grand public. Intitulé « Discover the World – Live in Concert », ce spectacle était un retour aux sources car il fut enregistré en direct lors d’un concert présenté à Portland.
LE PUBLIC QUÉBÉCOIS
Malgré son statut de vedette internationale, Thomas Lauderdale demeure un homme simple, très accessible, extrêmement sympathique et toujours ouvert sur le monde. Comme il l’a déjà si bien dit « Je pense qu’il est plus importsant d’être un citoyen du monde plutôt qu’un citoyen d’un pays spécifique. Ceci implique nécessairement le fait d’apprendre les langues d’autres peuples ».
En 2008, ils ont joué lors du Festival de Jazz de Montréal et Thomas mentionne que les Québécois représentent un public vraiment amusant, sympathique, respectueux et qui aime avoir du plaisir.
Texte : Nadine Brillant
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