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Événements


Robert Lepage

Quelques jours avant la première du Moulin à images pour la saison 2009, j’ai eu le privilège de rencontrer Monsieur Robert Lepage. Bien que le mot « génie » soit utilisé à outrance, ce qualificatif lui sied comme un gant et pourtant, en examinant l’ensemble de son œuvre,  on a néanmoins l’impression que le mot est bien faible.

Inspiration

Son inspiration à sortir des limites du théâtre habituel avec l’utilisation d’effets visuel et de lumières vient en partie du fait qu’il adore la scène. Tout comme le Moulin à images, il a beaucoup plus de liberté de création dans le cadre du multimédia. « Nous pouvons jouer avec le son, la lumière, les images. Nous n’avons pas besoin d’employer le langage cinématographique rigide comme on le connait dans une salle de cinéma. », explique-t-il. Pour le Moulin à images, il a laissé libre cours à son imagination débordante.

De la scène au grand écran

« L’idée de passer de la scène au grand écran est simple : le langage est différent. Au théâtre, il y a le langage, l’histoire et les acteurs. Dans le cadre du Moulin à images, il y a plus de possibilités. Il y a l’histoire de la ville de Québec qui nous a tous touchée. Il n’y a pas d’acteurs, mais bien des images. Cette dernière  peut vous remémorer un épisode dans votre vie ou un fait cocasse. Il y a beaucoup plus de possibilités avec le Moulin à images que sur une scène. »

Sa collaboration avec Peter Gabriel


Au début des années 1990, Peter Gabriel vit une pièce de Robert Lepage présentée à Londres.  C’était un 12 décembre, le jour de son anniversaire de naissance. Monsieur Gabriel fut tellement ébloui par le style de Robert Lepage qu’il rencontra ce dernier afin de lui parler d’une collaboration pour son nouveau spectacle. Une connection artistique s’établit rapidement entre les deux.


Biographie


Artiste multidisciplinaire et maître des métiers d’auteur dramatique, metteur en scène, acteur et grand réalisateur, Robert Lepage a été à maintes reprises salué par la critique internationale.  Il créé et porte à la scène des œuvres originales qui bouleversent les standards, grâce à la nouvelle technologie.

Né le 12 décembre 1957 à Québec, il découvre très tôt un intérêt très prononcé pour la géographie et il rêve même de l’enseigner.

À l’âge de 17 ans, il entre au Conservatoire d’art dramatique de Québec. Il effectue un stage à Paris sous la direction d’Alain Knapp. Dès son retour en 1978, il participe à plusieurs créations dans lesquelles il cumule les rôles de comédien, d’auteur et de metteur en scène.

En 1984, il crée la pièce Circulations, qui connaît un franc succès partout au Canada et pour laquelle il recevra le prix de la meilleure production canadienne à la Quinzaine internationale de théâtre de Québec.

En 1985, il crée La Trilogie des Dragons, ce spectacle sera reconnu mondialement.

Par la suite, il créera les pièces Vinci (1986), Le Polygraphe (1987-1990) et Les Plaques Tectoniques (1988-1990)

De 1989 à 1993, il occupe le poste de directeur artistique au Théâtre français du Centre National des arts à Ottawa.  Il poursuit sa démarche artistique en présentant Les Aiguilles et l’Opium (1991-1996), Coriolan, Macbeth, La Tempête (1992-1994) et A Midsummer Night’s Dream (1992). C’est grâce à cette pièce qu’il devient le premier Nord-Américain à diriger une pièce de Shakespeare au Royal National Theatre de Londres.

Il forme en 1994 sa compagnie de création multidisciplinaire, Le Projet Ex Machina à Québec. Plusieurs pièces seront présentées, notamment Les Sept Branches de la Rivière Ôta (1994), Le Songe d'une nuit d'été (1995) et un spectacle solo, Elseneur (1995-1997).

Le centre de production pluridisciplinaire La Caserne Dalhousie voit le jour à Québec en juin 1997. Dans ces nouveaux locaux, il présente La Géométrie des miracles (1998), Zulu Time (1999), La Face cachée de la lune (2000), La Casa Azul (2001) et The Bunkre’s Opera (2004). La Trilogie des Dragons reverra le jour dans une nouvelle version avec de nouveaux acteurs en 2003.  L’opéra 1984 en 2005 basé sur le roman de Georges Orwell et dont Maestro Lorin Maazel assure la direction musicale, The Rake’s Progress présenté en grande première au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles en avril 2007 et Le Dragon Bleu en 2008, création d’Ex-Machina.

C’est avec grand succès qu’il met en scène, lors d’un même programme, les opéras Le Château de Barbe Bleue et Erwartung en 1992. En 1993, il signe la mise en scène du Secret World Tour, la tournée mondiale du spectacle de Peter Gabriel. Cette tournée durera dix-huit mois et permettra à plus d’un million de fans de voir le style de théâtre visionnaire de Robert Lepage.

Au Japon en 1999, puis à Paris en 2001, 2004 et encore en 2006, il assure la mise en scène La Damnation de Faust. En 2000, il participe à l’exposition Métissages, présentée au Musée de la civilisation. En 2002, il travaille à nouveau avec Peter Gabriel et met en scène son tout nouveau spectacle, le Growing Up Tour.

En 2005, il présente KÀ, un spectacle permanent du Cirque du Soleil à Las Vegas. Il signe la conception et la mise en scène.
En plus de jouer dans la plupart de ses pièces, Robert Lepage joue dans certains de ses films : Nô, Possible Worlds et La Face cachée de la lune. Il joue également des rôles importants dans deux films de Denys Arcand : Jésus de Montréal (1989) et Stardom (2001). Il fait une brève apparition dans Ding et Dong : le film (1990), dans Montréal vu par... (1991) et dans L’Audition (2005). Plus récemment, il tient un rôle dans le film Dans les villes, de Catherine Martin. On le retrouve également dans le second tome du photo-roman revisité Mars et Avril (éd. de la Pastèque, 2006), dont il signe la préface et dans lequel il prête ses traits au cosmologue Eugène Spaak.

C’est en  2005 que Robert Lepage fonde à Québec sa propre maison de production cinématographique : Films Ex aequo.
Son dernier spectacle solo, le Projet Andersen, basé sur la vie d’Hans Christian Andersen, est actuellement en tournée mondiale. Il prépare la pièce Lipsynch, ainsi qu'un nouveau projet d’opéra. Robert Lepage travaille en outre à une nouvelle production de l'Anneau du Nibelung ( Der Ring des Nibelungen ) de Richard Wagner pour le Metropolitan Opera de New York. Cette nouvelle production de La Tétralogie prendra l'affiche à compter de 2010.

Début 2007, il fut le récipiendaire du Prix Europe pour le théâtre, ex aequo avec le metteur en scène allemand Peter Zadek. Il s’agit de la  plus haute distinction européenne dans le domaine. Cependant, puisque Zadek ne s'est pas présenté à la cérémonie de remise du prix, celui-ci est remis entièrement à Lepage.
En octobre 2007, à la demande d'Ex Machina, Patrick Caux et Bernard Gilbert publient un livre, Ex Machina. Chantiers d'écriture scénique (Éditions du Septentrion - L'Instant Même) expliquant la démarche et le parcours de la compagnie.

Dans le cadre des célébrations marquant le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec par Samuel de Champlain, en 2008, Robert Lepage crée Le Moulin à images, une gigantesque fresque audio-visuelle retraçant l'histoire de cette ville depuis ses débuts en 1608.

L'équipe de Robert Lepage a travaillé près de trois ans sur cet audacieux projet visuel accompagné d'effets sonores. Le projet représentait un important défi technique. Il nécessite l'utilisation de 27 projecteurs vidéo, 238 appareils d'éclairage, 329 haut-parleurs et 25 kilomètres de fibre optique pour donner vie à un écran de 600 mètres de longueur par 30 mètres de hauteur.

Plus de 600 000 spectateurs ont assisté à cet événement pendant l’été 2008, qui s’est révélé être la plus grande projection architecturale extérieure jamais créée, un record qui a même été homologué par le livre Guiness des records.

Le Moulin à images est l'événement de l'été à voir ou à revoir.

 

Texte et entrevue : Nadine Brillant


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